Quand on a ouvert la porte pour la première fois…
L’odeur a frappé solide.
Une odeur d’ammoniac mélangée à des excréments.
Lourde. Intense. Prenante.
Masque obligatoire dès l’entrée.
Pas une option.
Une nécessité.
Le genre d’odeur qui te fait arrêter une seconde
juste pour comprendre dans quoi tu viens d’entrer.
En avançant un peu…
De l’eau coulait encore à certains endroits.
Pas juste un vieux dégât.
Quelque chose qui avait laissé des traces partout.
Très vite…
On comprend que ça ne sera pas une intervention normale.




Des conditions difficiles dès le départ
Ajoute à ça :
- aucun accès à l’eau
- électricité fonctionnelle seulement dans certaines sections
- aucun chauffage
et un dégât d’eau actif.
Mais surtout…
La glace était déjà présente à l’intérieur dès notre arrivée.
Pas juste un peu.
- glace dans les déplacements
- glace autour du matériel
- glace qui rend chaque mouvement plus risqué
Même accéder à certaines choses simples devenait compliqué.
Juste trouver et accéder à la valve d’eau pour couper l’arrivée
a pris environ 45 minutes.
Rien n’était simple.
Même se déplacer devenait une étape.



Un volume difficile à imaginer
Au départ…
C’était presque impossible à estimer.
Tout était entassé.
Compacté.
Mélangé.
On ne voyait pas encore la structure réelle du volume.
Et il y avait du stock partout.
Même sur le toit.
Une progression qui demande de partir la machine
La réalité, c’est que les premières heures ne paraissent presque pas.
Après 8 heures de travail et 4 conteneurs remplis…
On voyait très peu de différence.
Mais…
On commençait à peine à créer des chemins pour circuler.
Pas des zones de travail.
Pas des espaces dégagés.
Juste assez pour pouvoir passer d’un point à l’autre.
Et pour donner une idée du niveau d’encombrement…
Les switches de lumière, on les a vus juste après environ 10 heures de travail.
Mais en réalité…
La progression suivait exactement le rythme prévu.
Il fallait simplement partir la machine.
Créer de l’espace.
Structurer le travail.
Mettre le système en place.
À un moment donné, après quelques conteneurs,
les gars ont commencé à prendre des paris.
Combien ça allait prendre au total.
J’ai dit :
minimum 20
maximum 25
Au final : 21 conteneurs.
Je n’étais pas loin.





Ce qui est sorti de l’immeuble
Pour donner une idée réelle du volume :
- 347 électroménagers
- 145 sofas
- 143 matelas
- 212 meubles en bois
- 188 sacs de déchets
- 48 cafetières
- 27 barbecues
- 23 micro-ondes
- 16 vélos
- 21 bonbonnes de propane 20 lbs
- 3 bonbonnes de CO₂ commerciales
- plusieurs objets divers
Et ça…
c’est seulement ce qui était quantifiable.
Ce qui pouvait être récupéré
Dans tout ça…
On a quand même pris le temps de trier.
Certains vélos étaient encore en bon état.
10 ont été remis à un organisme de charité reconnu dans le secteur de Grand-Mère.
Le reste…
c’était du rebut.
Une étape souvent sous-estimée : le nettoyage
Une fois le volume sorti…
Le travail n’était pas terminé.
Il restait tout le reste.
La saleté.
Les résidus.
Les accumulations laissées depuis longtemps.
On a commencé simple :
Balais.
Ensuite :
Décapeuse à plancher.
Et après :
La moppe.
Pas une fois.
Trois fois.
Chaque passage faisait une différence.
Mais rien n’était facile.
Aucun accès à l’eau.
Un vrai ménage en profondeur.







Et là… on sort l’artillerie
UMSU-1 – Unité de MultiService Urbain
Conçue pour le terrain.
Pensée pour les situations inhabituelles.
Et surtout… pour intervenir quand la situation sort de l’ordinaire.
Accès autonome à l’eau
Accès autonome à l’électricité
Possibilité d’avoir de l’eau chaud. (Même si, cette fois-là, ça n’a pas collaboré comme prévu.)
Parce que rendu là…
Il ne restait pas juste à nettoyer.
Il fallait finir correctement.



Une intervention sous les projecteurs
Dès le début, l’intervention a attiré l’attention.
Jour 1 :
Présence des médias sur place.
Jour 2 :
Visite du maire de Shawinigan, de représentants politiques et des médias.
Entrevue en direct sur le terrain.
Mais malgré ça…
Le travail ne s’est jamais arrêté.
Peu importe les caméras, le travail à faire reste le même.
L’intervention a notamment été couverte par les médias :
Entrevue à TVA le 20 mars 2026
Radio-Canada Expulsion sur la 5e rue de la Pointe
Radio-Canada Éviction dans un immeuble insalubre sur la 5e rue de la Pointe
Une intervention complète
Au total :
- 21 conteneurs
- plusieurs journées complètes
- des conditions instables
- un environnement difficile
Mais surtout…
Un immeuble complètement transformé.







Ce qu’on retient vraiment
Ce genre d’intervention-là…
ce n’est pas juste sortir du stock.
C’est :
- s’adapter constamment
- travailler dans des conditions imprévisibles
- garder le cap même quand visuellement, ça n’avance pas
Et à la fin…
Voir clair.






Présent quand ça compte
Ce n’est pas le genre d’endroit où tout le monde veut aller.
Mais c’est exactement le genre de place
où il faut être présent.
Présent quand ça compte.
